2017-2018. Séminaire général de critique génétique

L’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM, CNRS-ENS) est heureux de vous inviter à la

première séance du Séminaire général de critique génétique

2017-2018

le mardi 17 octobre 2017, de 17h à 19h

pour la présentation du livre L’Œuvre comme processus , par Pierre-Marc de Biasi (ITEM) et Anne Herschberg Pierrot (Université Paris VIII)

Amphithéâtre de PSL*au 62 bis rue Gay Lussac, 75005 Paris

Dans le prolongement des deux précédents congrès internationaux (1987, 1998), la rencontre dont les Actes s’intitulent/L’Œuvre comme processus/(Cerisy, 2010) s’est donné pour mission d’établir un état présent des travaux et une cartographie intellectuelle de la « critique génétique », discipline née du « moment théorique » des années 1960-70, institutionnalisée par la fondation de l’ITEM en 1982 et qui constitue l’une des principales innovations de ces quarante dernières années dans les méthodes d’approche de la littérature et de la création.

Le Congrès de 2010 qui a réuni une soixantaine de chercheurs et une douzaine de nationalités a permis de présenter une image complète et détaillée des avancées et des enjeux majeurs de la génétique, dans les domaines littéraires et archivistiques qui constituent les fondements de la discipline, mais également dans les domaines, textuels ou non, relevant notamment de l’histoire de l’art et de l’histoire des > sciences, en prêtant une attention particulière à de nouveaux grands chantiers : littératures francophones, peinture, architecture, photographie, cognition, informatique, édition numérique, etc.

Cette séance de séminaire, animée par Pierre-Marc de Biasi et Anne Herschberg Pierrot présentera brièvement les axes majeurs de l’ouvrage et laissera une large place à une table-ronde, ouverte à la discussion générale, avec les contributions de Henri Mitterand, Jacques Neefs, Grégory Jouanneau-Damance.

Pierre-Marc de Biasi est directeur de recherche à l’Institut des textes et manuscrits modernes qu’il a dirigé entre 2006 et 2013. Il y est actuellement responsable de l’équipe « Histoire de l’art ». Plasticien, écrivain, il est notamment l’auteur de nombreux ouvrages sur Flaubert ainsi que de livres de référence sur la génétique des textes. Il a reçu en 2010 le prix de la critique de l’Académie française et le prix Le Point de la biographie pour son livre Gustave Flaubert : une manière spéciale de vivre paru en 2009 chez Grasset. En 2015, il a dirigé avec Anne Herschberg Pierrot un numéro spécial de la revue Littérature intitulé « Génétique : les chemins de la création ».

Professeur à l’université Paris 8, Anne Herschberg Pierrot a été directrice adjointe de l’ITEM de 2006 à 2013 et responsable de l’équipe Flaubert avec Pierre-Marc de Biasi de 2006 à 2015. Ses publications sur Flaubert portent principalement sur les stéréotypes et les idées reçues (édition du Dictionnaire des idées reçues au Livre de Poche, 1997), et sur/Bouvard et Pécuchet/dont elle prépare une édition avec Jacques Neefs pour la Pléiade. Sa recherche en génétique concerne l’interaction du style et de la genèse, et l’esthétique de la création en littérature et en art (Le Style en mouvement, 2005). En 2012, est paru sous sa direction/Flaubert, l’empire de la bêtise.

Aurèle Crasson (pour les responsables du "Séminaire général de critique génétique" : Nathalie Ferrand et Franz Johansson). Aurele.Crasson@ens.fr mailto:Aurele.Crasson@ens.fr http://www.item.ens.fr http://www.item.ens.fr/

2017-2018. Séminaire "Philosophie, arts et littérature"

Séminaire

"Philosophie, arts et littérature"

2017-2018

 

13 octobre 2017 à 14:30
Béatrice Bloch, "L’expérience sensorielle de la lecture"

Le titre "L’expérience sensorielle de la lecture" fait écho aux hyptohèses développées dans le dernier livre publié cette année par Béatrice Bloch, Une Lecture sensorielle : Le Récit poétique contemporain, Gracq, Simon, Kateb, Delaume (Rennes, PUR, 2017).

Béatrice Bloch est maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches à l’Université Bordeaux Montaigne, et membre de l’équipe de recherches TELEM (EA5195 Bordeaux-Montaigne). Ses travaux portent sur les rapports entre musique et littérature, sur les théories de la lecture et sur la littérature française contemporaine.Elle a notamment publié, outre le livre cité ci-dessus, Le Roman contemporain : Liberté et Plaisir du lecteur (Paris, L’Harmattan, 1998), ainsi que plusieurs ouvrages collectifs : avec Marc Marti (dir.), Les Cahiers de Narratologie, numéro 11, 2003, « Figures de la lecture et du lecteur », accessible en ligne http://narratologies.revues.org/43 ; avec Jean-François Massol et Gersende Plissonneau (dir.), Contextualiser et actualiser les œuvres littéraires au collège et au lycée, in Recherches et travaux n° 91, PUG, 2017, en ligne sur le site de revue.org à l’adresse suivante https://recherchestravaux.revues.org/922  ; avec Apostolos Lampropoulos et Pierre Garcia, Écritures picturales, écritures musicale de la littérature et des arts, Collection « Modernités », Presses Universitaires de Bordeaux, 2017.

Responsables :

  • Bruno Clément et
  • François Noudelmann

Adresse : Bibliothèque Paul Hazard, 1 rue Victor Cousin 75005 Accès par le 17, rue de la Sorbonne. Escalier C, 2è étage <img61|center>


Séance du vendredi 10 novembre, de 14:30 à 17:00

Bruno Clément — "Entre dire et vouloir dire : le grand écart".

"Je partirai d’une assertion de Bergson qui, dans un texte de 1911, prétend que l’intuition philosophique de Spinoza, seule importante à ses yeux, n’a que bien peu à voir avec ce qu’on peut lire dans L’Ethique. Sartre disait de son côté que les livres qu’il écrivait n’étaient pas - n’avaient jamais été - ceux qu’il aurait voulu écrire. Quant à Nietzsche, on le sait, il se piquait de psychologie, affirmant que cette disposition était nécessaire à un philosophe véritable, c’est-à-dire désireux de percer à jour l’intention réelle d’un auteur - toujours plus ou moins dissimulée sous la rigueur de ses énoncés.
Si l’existence d’un tel écart entre le texte et son intention était avérée, notre conception du texte philosophique en serait profondément transformée. La conséquence la plus notable à mes yeux serait la nécessité, désormais impossible à esquiver, d’un examen minutieux de la lettre des énoncés, de leur facture, du mode d’expression de leurs auteurs.
J’évoquerai à ce propos un des outils auquel ont eu recours les philosophes sceptiques de l’Antiquité, et qui est parvenu jusqu’à nous sous le nom d’hypotypose." — Bruno Clément

Adresse :

17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris

salle G 347 (entre l’amphi Cauchy et l’amphi Le Verrier), escalier F (départ galerie Richelieu) , 3e étage

Plus d’informations en cliquant ici.


 

Vendredi 15 décembre, de 14:30 à 17:00*

Raymond BELLOUR, s’entretiendra avec Bertrand MURCIER à propos de son dernier livre Dans la compagnie des œuvres - entretien avec Alice Leroy et Gabriel Bortzmeyer

<http://www.fabula.org/actualites/r-bellour-dans-la-compagnie-des-oeuvres_82544.php> (Rouge profond, 2017)

1ère de couverture - Dans la compagnie des œuvres

Raymond Bellour, qui fut chercheur au CNRS, est écrivain, critique et théoricien du cinéma. Il est le fondateur de la revue /Transept, /puis, avec Serge Daney, de la revue /Trafic./ Ses recherches et réflexions portent aussi bien sur le cinéma, que sur la littérature (il a dirigé l’édition des œuvres de Henri Michaux dans la Pléiade ; Il a commenté Alexandre Dumas, les sœurs Brontë, dont il a publié les écrits de jeunesse), ou sur les sciences humaines (il s’est entretenu avec Roland Barthes, avec Gilles Deleuze, avec Claude Lévi-Strauss, avec Michel Foucault).

Parmi ses livres sur le cinéma, plusieurs ont fait date et sont de véritables classiques : /l’Analyse du film/ (Albatros, 1979 ; rééd. Calmann-Lévy, 1995) ; /L’entre-Images 1 et 2 /(Editions de la Différence, 1992 et 2002) ; /Le Corps du cinéma, hypnoses, émotions, animalités/, P.O.L., 2009) ; /La Querelle des dispositifs. Cinéma - dispositions, installations/, P.O.L., 2012)

"/Arrive toujours à tel ou tel moment une ’image’ par laquelle on se trouve saisi - un plan, une configuration de plans, une figure, ou tout autre chose. Cette expérience, on peut soit l’oublier à la sortie du cinéma, soit tenter de l’éclairer. Pour moi elle détermine le désir d’écriture, c’est-à-dire le désir d’aller vers le film pour comprendre ce saisissement vécu durant la projection/", Raymond Bellour

 
Responsable :

Bruno clément & François Noudelmann (bpe.clement@gmail.com)

adresse : 17 rue de la Sorbonne, Bibliothèque Paul Hazard, esc. C, 2ème ét., 75005 Paris

Pour accéder à la bibliothèque Paul Hazard, vous devrez vous munir d’une invitation (à demander à Bruno Clément ) ainsi que d’une pièce d’identité*

 

Vendredi 9 mars 2018, de 14:30 à 17:00

Le séminaire "Philosophie, arts et littérature" reçoit Christine MONTALBETTI à l’occasion de la publication récente de Trouville Casino (P.O.L., 2018).

Christine Montabetti parlera des "brumes de la fiction". 

Après deux romans qui se déroulaient dans la campagne française (Sa fable achevée, Simon sort dans la bruine, puis Lorigine de lhomme), les romans de Christine Montalbetti ont arpenté les paysages américains (Western, Journée américaine, Plus rien que les vagues et le vent) ou japonais (L’évaporation de loncle, Love Hotel) avant d’explorer l’espace avec La Vie est faite de ces toutes petites choses, qui raconte la dernière mission de la navette Atlantis. Trouville Casino, publié en cette rentrée de janvier, revient sur les terres normandes. Également auteur de recueils de nouvelles (Nouvelles sur le sentiment amoureux, Petits déjeuners avec quelques écrivains célèbres) et d’un récit (Expérience de la campagne), Christine Montalbetti écrit aussi pour le théâtre. Le Cas Jekyll, joué pendant plusieurs saisons au théâtre national de Chaillot et en tournée, a été créé par Denis Podalydès et Le Bruiteur par Pierre Louis-Calixte au Studio-théâtre de la Comédie française.

Ses textes sont publiés aux éditions P.O.L.

Une invitation sera nécessaire pour rejoindre la salle Paul Hazard (la demander à Bruno Clément).

 

Séance du 15 juin 2018 - 14:30 — Séminaire "Philosophie, arts et littérature"

"Politique et philosophie des usages du langage : à propos de l’écriture inclusive, par Anne Emmanuelle Berger

Anne E. Berger propose d’inscrire le débat suscité par l’émergence récente de pratiques d’écriture dites inclusives dans le contexte d’une réflexion philosophique et politique plus large sur l’inscription des sujets parlants dans le langage, réflexion entamée depuis plusieurs décennies par différents courants de la pensée féministe. Elle se demandera aussi ce que la littérature nous permet ou nous invite à penser en la matière.

 

Dernière mise à jour le 19/03/2018

2017-2018. Séminaire du Centre de Recherche sur les littératures du XIXe siècle

Séminaire de recherche sur la littérature française du XIXe siècle

organisé par André Guyaux et Henri Scepi

(Paris III - Paris IV)

 

Vendredi 10 novembre 2017

16h-19h

Sorbonne, Amphithéâtre Guizot

 

Nerval

Sous la direction de Jean-Nicolas Illouz et Jean-Luc Steinmetz

 

  • Daniel SANGSUE, — Trente ans après : le récit excentrique nervalien revisité.
  • Pierre LOUBIER, ¾ Nerval satiriste.
  • Jean-Nicolas ILLOUZ, ¾ Bohème, fugue, et rhapsodie : La Bohême galante et les Petits Châteaux de Bohême.

2017-2018. Séminaires du CIPh (Collège International de Philosophie)

http://www.u-plum.fr/actualites/318-les-activites-du-ciph 

Le Collège International de Philosophie (CIPh), composante de l’UPL, organise plusieurs conférences, séminaires, colloques, journées d’études, forums et débats.

Attention : il faut s’inscrire pour les différentes manifestations. Pour connaître les modalités d’inscription, merci de cliquer pour chaque événement sur le lien ’En savoir plus’. 

Conférence : Ivan Jablonka - L’avenir des sciences humaines

Parce qu’elles sont attaquées par des démagogues de droite et de gauche, les sciences humaines doivent-elles se complaire dans l’hyperspécialisation ? Au prétexte qu’elles sont modernes sur le plan de la méthode, doivent-elles refuser de s’interroger sur leur forme ? La « modernisation » des sciences humaines consiste à réfléchir, collectivement et expérimentalement, aux nouvelles formes littéraires, éditoriales et médiatiques que pourrait prendre, demain, l’intelligence des sociétés passées ou présentes. On peut décloisonner les disciplines, favoriser la rencontre entre histoire et littérature, sociologie et bande dessinée, sans jamais transiger sur la rigueur intellectuelle. En savoir plus

Date et heure  : jeudi 18 janvier 2018, 18h30-20h30 

Lieu  : Salle des Mariages, Mairie du 4ème arrondissement, 2 place Baudoyer, 75004 Paris 


 

Séminaire : Marie Gil - Les fins heureuses

Il y a eu à l’origine de cette réflexion un sentiment d’inadéquation et de malheur du lecteur face à des « fins heureuses » qui, pour nous, étaient tragiques : des fins sublimes, chrétiennes, absolues, que nous aurions voulu récrire, et nous nous disions qu’il ne devait y avoir de fin heureuse que pour le lecteur, et non pour la morale. Dante et Béatrice, Héloïse et Abelard, Lancelot et Guenièvre, Roméo et Juliette, Garance et Baptiste, Miguel et Anna, Rodrigue et Prouhèze, et surtout Aurélien et Bérénice. Ces amours pures, enfantines, incestueuses, parfaites, nous leur voulions la même fin que les contes de fées. C’est à ce moment-là que nous nous sommes aperçus que les personnages de conte de fée n’existaient pas. Ils n’ont jamais vécu à l’intérieur du lecteur, ils ne sont qu’une structure. Et la structure qu’ils incarnent est celle de l’amour impossible, d’un deus ex machina ironiquement tendu devant le lecteur pour mieux lui rappeler les tragédies de la prédestination. Dès lors, nos histoires chrétiennes sublimant l’amour terrestre en amour mystique étaient les seules capables d’incarner l’idéal amoureux ici-bas, car les mariages de comédies et de contes n’étaient qu’une fin, et non un début. La fin heureuse était donc une fin malheureuse de l’histoire, une fin mystique ou morale, et non un mariage – les deux coïncidant parfois, comme dans Persuasion de Jane Austin. Il nous fallait donc tout reprendre à zéro, sur nouveaux frais, en distinguant les « fins à mariage » et les « fins morales », pour redéfinir le Happy Ending et son essence.
Nous envisagerons cette année les fins heureuses dans la comédie hollywoodienne.

Thèmes des séances : 20/12 : La question de la fin ; 17/1 : Bonheur et mariage ; 24/1 : Carthasis populaire : facilités des fins heureuses ? 

En savoir plus 

Dates et heure  : mercredi 20 décembre 2017, mercredi 17 janvier 2018 et mercredi 24 janvier 2018, 18h30-20h30 

Lieux  : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 25 rue de la Montagne Geneviève, 75005 Paris / Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris 


 

Séminaire : Philippe Mesnard - La place du témoin 

Il s’agit d’interroger ce que « témoin », « témoignage » et « transmission » signifient sans limiter leur usage à ces trente dernières années. Pour cela, ce séminaire sera structuré par les questions suivantes : quel type de rapport les procédures de normalisation de la mémoire entretiennent-elles avec le témoignage ? En quoi la littérature et les arts fournissent-ils à l’expression du témoin et à la transmission testimoniale un cadre spécifique qui diffère des cadres religieux, juridiques ou historiographiques auxquels témoins et témoignages sont souvent associés ? Peut-on considérer que d’autres formes et modalités d’expression ont, à travers l’histoire, rempli une fonction testimoniale en étant, à d’autres époques ou dans d’autres sociétés, désignées autrement ?

Intervenants :
- 15/11 : Luba Jurgenson (Université Paris-Sorbonne) : Voix testimoniale du poète, voix poétique du témoin 
- 13/12 : Christian Delage (IHTP) : Archives audio, audiovisuelles, documentaires, où se trouve le témoin ?
- 10/1 : Philippe Mesnard : À travers l’histoire

En savoir plus

Dates et heure  : mercredi 15 novembre, mercredi 13 décembre 2017, mercredi 10 janvier 2018 et mercredi 24 janvier 2018, 18h30-20h30 

Lieu  : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 25 rue de la Montagne Geneviève, 75005 Paris 


 

Séminaire : Laura Odello et Peter Szendy - Débords - du cinéma 

Un « débord », indique le Littré, c’est la « partie d’une route qui borde le pavé ». En se laissant guider par ce mot, notre séminaire voudrait d’abord marquer ce qui lie le cinéma à la route, à ce « frayage permanent » du regard dont parle Jean-Luc Nancy dans L’Évidence du film. Si le cinéma est essentiellement routier, qu’arrive-t-il sur son débord ?
Mais cette question se complique immédiatement si l’on pense que le cinéma n’a justement pas de bords identifiables, qu’il est au fond « le nom du monde », comme l’écrit Rancière dans La Fable cinématographique. Ce qu’il faut alors tenter de saisir, c’est le passage du cinéma hors de lui-même : un passage que Deleuze, dans sa « Lettre à Serge Daney », voyait se produire avec la télévision, mais auquel on assiste aussi dans le cinéma dit « élargi », qui s’expose dans d’autres lieux et se dissémine sur d’autres écrans, du musée aux téléphones portables en passant par l’art vidéo.
Toujours selon le Littré, le « débord » désigne l’« éruption, en parlant des humeurs ». De fait, c’est aux sécrétions suscitées par les films que ce séminaire prêtera également l’oreille : aux larmes, au sang et au sperme, à ces fluides corporels dont le cinéma serait à la fois la production et la gestion, tout particulièrement sur ses bords, c’est-à-dire dans ces genres souvent considérés comme marginaux que sont le mélodrame, l’horreur et la pornographie (les body genres dont parle Linda Williams).
« Débord », dit encore le Littré, c’est un « terme de monnaie », à savoir la partie d’une pièce entre la légende et la circonférence externe. Et c’est enfin la dimension économique des excès du cinéma que notre séminaire tentera d’interroger : là où, comme l’indiquait Lyotard dans L’acinéma, il résiste à « l’élimination des mouvements aberrants », là où il s’approche de la pure dépense bataillienne en se portant vers « l’immobilité » ou « l’excès de mouvement ».
Sous le titre Débords — du cinéma, il s’agira en somme de tous les bords du cinéma, et de ses débordements. En savoir plus

Dates et heure  : vendredi 15 décembre, mardi19 décembre 2017, mercredi 10 janvier 2018 et mercredi 17 janvier 2018, 19h-21h

Lieu  : Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris


 

Séminaire : Mara Montanaro - Géographies féministes et temporalités interrompues 

Le séminaire se propose de travailler sur une généalogie des concepts de la philosophie politique contemporaine qui se sont révélés incontournables pour les mouvements et les théories féministes, notamment depuis la fin des années soixante. Lors des séances dont se composera ce séminaire auxquelles participeront des philosophes, sociologues, politistes, écrivaines et artistes féministes et militantes, on réfléchira sur la genèse ainsi que sur l’actualité (théorique et politique) des concepts tels que libération, pratiques de résistance, subjectivité, expérimentation, vulnérabilité, sexe, race, classe, subalternité, frontière, marge, etc.). Une telle démarche impliquera de mettre en évidence la manière dont un certain nombre d’outils conceptuels qui trouvent leur cadre d’origine dans la philosophie du XXe siècle ont été empruntés, réélaborés, utilisés dans les théories et dans les pratiques politiques féministes et ont permis de forger des vocabulaires spécifiques (et qui souvent se sont d’autre part hybridés) comme celui du féminisme matérialiste français (Guillaumin, Delphy, Mathieu, Wittig) ; du féminisme poststructuraliste et postcolonial (Haraway, Butler, Mahmood, Spivak), du Black feminism (b. hooks, Lourde, Davis) et du féminisme décolonial (Anzaldua, Alarcón, Moraga, Lugones). À partir de ce cadre, nous nous focaliserons davantage sur la manière dont les mouvements et les théories féministes ont redéfini les cadres conceptuels et d’action politique par rapport, d’une part, à la matérialité de l’espace géographique et, de l’autre, à l’histoire et la temporalité des féminismes. Par ce biais, nous analyserons l’expérimentation des nouveaux langages politiques et l’élaboration d’épistémologies situées de la résistance féministe en mesure d’offrir « une conceptualité de la subjectivité » politique plurielle et en devenir. En savoir plus

Dates et heure  : jeudi 23 novembre, jeudi 7 décembre 2017, 19h-21h

Lieu  : Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris 

 


 

SÉMINAIRE : ANGÉLICA MONTES MONTAYA ET PAULINE VERMEREN : PHILOSOPHIE CRITIQUE DE LA RACE ET FRONTIÈRES DE LA CITOYENNETÉ (III)

Le projet d’une philosophie critique de la race en France part d’une réflexion sur les conséquences des rapports de domination fondés sur les principes raciaux de l’époque moderne et leur interprétation actuelle. Il s’agit de faire de ce projet un questionnement sur la reconfiguration de l’espace politique et social par des altérités nouvelles et critiques, hors de toute représentation raciale, exotique et coloniale, et une interrogation sur les possibilités de réalisation des discours venant de la philosophie dans le monde commun. Cette approche fait émerger des acteurs individuels et collectifs ou encore des sujets politiques nouveaux qui affirment leur subjectivité à partir d’une approche postcoloniale, conflictuelle et transversale de la question de la race. Les chemins utopiques proposés par une philosophie critique de la race exploreraient d’autres possibilités d’identification dans un contexte contemporain d’ébranlement des frontières de la démocratie et de la citoyenneté. Pour cette nouvelle année, nous souhaitons mettre l’accent sur la notion de citoyenneté afin d’analyser en quoi le projet d’une philosophie critique de la race peut faire émerger la réinvention d’espaces, de sociabilités, de discours politiques et de pratiques sociales ainsi que d’autres manières d’appréhender les subjectivités individuelles et collectives. Il s’agit de montrer comment, au sein de ce projet, la notion même de citoyenneté est ou non soumise à un regard critique qui interroge les fondements même de la construction de(s) citoyenneté(s) dans des espaces de la politique à l’intérieur desquels des altérités nouvelles réclament d’être reconnues en droits. En savoir plus

Dates et heure  : jeudi 16 novembre, jeudi 14 décembre 2017 et jeudi 18 janvier 2018, 18h30-20h30 

Lieux  : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 25 rue de la Montagne Geneviève, 75005 Paris / Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris 


 

Séminaire : Isabelle Alfandary et Monique David-Ménard : Transferts et media : de la cure à la culture (II)

Psychanalystes et philosophes ont insisté sur le recours à des métaphores ou des modèles technologiques pour exposer le rapport entre les instances conscientes et inconscientes de la mémoire et de la pensée : c’est le cas du modèle photographique de l’Interprétation du rêve et de la note sur « Le bloc-notes magique » de Freud. Cependant, cette réflexion épistémologique sur les moyens dont use la psychanalyse ne prenait pas en considération l’acte sur lequel repose la possibilité des modifications subjectives qui interviennent dans la clinique : la répétition, dans les conditions particulières de la cure qui est, elle, un artefact, de ce qui a produit les symptômes qui empêchent de vivre. Le projet de notre séminaire est de déterminer comment une analyse du transfert comme opération spécifique, transformant en modes d’existence moins figée la répétition spontanée et sauvage de ce qui produit des symptômes, rencontre certaines réflexions récentes :
- sur la technicité des media : ne faut-il pas dire qu’aucun sujet ne se constitue sans media qui transforment ses sens et ses « communications » ? Freud n’insistait-il pas sur le fait que dans le rêve nos oreilles seules restent ouvertes, et que le fantasme est une combinaison après coup de choses entendues et vues ? 
- sur la capacité des œuvres de la culture et les pratiques artistiques, cinématographiques ou littéraires à prendre en charge les forces destructrices à l’œuvre dans la vie sexuelle et la vie sociale et à rendre visible le champ de forces que l’opération dénommée « transfert » implique. La théorie psychanalytique du transfert qui fonde la relation analytique et atteste l’existence de l’inconscient mérite d’être affrontée, confrontée à d’autres théories et pratiques de nature transférentielles.
La première année du séminaire a permis de circonscrire le phénomène du transfert, distinct et articulé au rêve par Freud, et les conditions de son repérage et de son maniement dans le cadre de la cure. La question du transfert comme medium sera poursuivie et interrogée plus avant dans le deuxième volet du séminaire notamment au prisme de la théorie des media (Medientheorie). En savoir plus

Dates et heure  : mercredi 22 novembre, mercredi 29 novembre, mercredi 13 décembre 2017, mercredi 10 janvier, mercredi 17 janvier, mercredi 31 janvier 2018, 18h30-20h30 

Lieu  : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 25 rue de la Montagne Geneviève, 75005 Paris 


Séminaire : Gaetano Chiurazzi - La spéculation : entre philosophie et économie 

Qu’ont en commun la spéculation philosophique et la spéculation économique ? Pour répondre à cette question, nous proposons une réflexion interdisciplinaire qui porte notamment sur les concepts de spéculation, équivalence, traduction et incommensurabilité. La spéculation (comme l’atteste l’étymologie, de speculum, « miroir », ou specula, « sentinelle ») est caractérisée par deux traits : la réflexion et la capacité de pré-voir, de tirer profit par anticipation, d’« aller au-delà ». Ce mouvement révèle la structure métaphysique de toute spéculation. Sa déconstruction ne peut que partir, alors, de la critique kantienne de la métaphysique, notamment de l’argument ontologique, et de la fonction qu’y jouent les étonnants exemples des « cent thalers » et du « marchand ». 
L’économie financière est censée s’émanciper de la logique odysséique de la vérité, c’est-à-dire de la nécessité de revenir à un lieu ou à quelque chose qui arrête la circulation et l’échange. Toutefois, on peut montrer que cela n’implique pas une émancipation de la logique de l’équivalence, cette économie portant sur le principe de l’échangeabilité, ce qui annule dans les faits toute différence. La « Bourse », lieu de spéculation par excellence, s’érige au « dictionnaire absolu » de l’échange, autrement dit de la traduction par la monnaie, unité de mesure universelle. Afin de mettre en lumière la structure différentielle de tout langage – ce qui questionne le concept même de vérité comme adaequatio – nous nous attachons à mener une réflexion sur les défaillances de l’échange linguistique qui émergent dans la pratique de la traduction, c’est-à-dire sur les phénomènes d’incommensurabilité qui rendent impossible toute équivalence. Telle est pour nous la fonction des phénomènes irréductibles au système d’échange tels que les « résiduels » ou « excédants » de la valeur d’usage (Marx), du besoin (Aristote) et du don (Ricœur, Derrida). En savoir plus

Dates et heure  : jeudi 7 décembre, jeudi 21 décembre 2017, jeudi 11 janvier et jeudi 18 janvier 2018 - 19h-21h 

Lieu  : Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris 

2017-2018. Séminaire. Cycle "Généalogies du mondial"

Séminaire. Cycle "Généalogies du mondial"

Généalogies du mondial

 (2014-2018)


en association avec : EA 1569 - Transferts critiques et dynamiques de savoirs ; Axe "La fabrique du contemporain" (resp. Lionel Ruffel, EA 7322, Littérature, Histoire, Esthétiques, Université Paris 8) ; et le Columbia Global Center in Paris (MA in HIstory and LIterature).

Comité scientifique : Maria-Benedita Basto, Jaine Chemmachery, Claire Joubert, Stavroula Katsiki, Hélène Quiniou, Lionel Ruffel, Clemens Zobel.

Lieu : Columbia Global Center, Reid Hall, 4 rue de Chevreuse, 75 006 Paris.

Calendrier 2017-2018 :

  1. vendredi 6 octobre 2017, 18h-21h, salle 316
  2. vendredi 17 novembre 2017, 18h-21h, salle 316
  3. vendredi 8 décembre 2017, 18h-21h, salle 316
  4. vendredi 26 janvier 2018
  5. vendredi 9 février 2018
  6. vendredi 16 mars 2018
  7. vendredi 30 mars 2018
  8. vendredi 13 avril 2018
  9. samedi 5 mai 2018
  10. vendredi 25 mai 2018 
  11. vendredi 15 juin 2018

Toutes les séances sont ouverte librement à tous.

Toute l’actualité sur le carnet du séminaire.

Site TranCrit : http://www.ea-anglais.univ-paris8.fr/spip.php?article1265