23-24/11/2017. Colloque international. Orphée aujourd’hui. Lire, interpréter..."

Colloque international. Orphée aujourd’’hui. Lire, interpréter..."

23-24/11/2017

 

programme colloque Orphée aujourd’hui


30/05-01/06/2018. Colloque international. Femmes artistes à l’âge classique

Programme colloque Femmes artistes

04-05/06/2018. Colloque. Quelle théorie pour quelle thèse ?

programme colloque quelle théorie

31/05-02/06/2018. Colloque. Archipels GLISSANT

Colloque GLISSANT

12-13/10/2018. Colloque international. Portraits & Autoportraits d’Auteurs. L’écrivain mis en images

Colloque international

Portraits & Autoportraits d’Auteurs. L’écrivain mis en images

Les 12 et 13 octobre 2018

 

Programme du colloque

 

________________________________________ 

Appel à concours

Appel à communications

Blog : https://auteursautoportraits.wordpress.com/portfolio/

Palmarès

Le jury s’est prononcé et voilà le palmarès :

  • Premier prix (doté) : Julia Benitez, « Alphone Allais »
  • Deuxième prix : Lin-Chih Tai, « Le Paysage dans la pensée »
  • Troisième prix : Lola Krellenstein, « Lewis au pays des merveilles »

19-20/10/2018. Colloque. Sémiotique

Programme du colloque
Livre des résumés

08-09/11/2018. Colloque international. Christian Garcin. Écrivain protéiforme et polymorphe

Programme du colloque

Appel à contribution - Colloque “L’art et la guerre dans l’histoire de l’avant-garde (1909-2019)” (3-6 avril 2019, Paris – Saint-Denis – Normandie)

Appel à contribution
 
Colloque scientifique international
 
“L’art et la guerre dans l’histoire de l’avant-garde (1909-2019)”
 
Institut d’études supérieures des arts (Paris) / Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis / Franval, Normandie
 
3-6 avril 2019

Cette année 2019 est singulièrement riche en anniversaires et commémorations, illustrant les nombreuses facettes de l’avant-garde : en tant que phénomène artistique (le 110ème anniversaire de la première publication du Manifeste futuriste dans leFigaro), en tant qu’exploit militaire des unités en première ligne pendant la seconde guerre mondiale (le 75ème anniversaire du Débarquement allié en Normandie), mais également en tant qu’élan politique et culturel vers un avenir idéal, accordant plus de place à la justice sociale (le 60ème anniversaire de la Révolution cubaine, le 50èmeanniversaire de l’Université Paris 8, le 45ème anniversaire de la Révolution des Œillets au Portugal).

La notion d’avant-garde est une notion tout aussi séduisante que controversée. Née d’une révolte contre l’atonie des arts, de la société et des mentalités durant les premières années du XXe siècle, fortement empreinte de connotations militaires et guerrières, celle-ci n’en demeure pas moins pertinente aujourd’hui et tout particulièrement pour répondre aux interrogations que posent l’art contemporain ou l’art dit « actuel ». 

À l’aune de ces considérations, et au regard de la thématique du colloque, nous proposons de considérer les sujets suivants :
 

* l’expérience des guerres et des révolutions dans la vie et les œuvres des peintres, poètes, écrivains, musiciens, compositeurs, acteurs, sculpteurs, danseurs, chanteurs d’avant-garde ;

* les images des guerres, des révolutions et des conflits armés dans la peinture, la littérature, la musique et dans les autres arts : représentations canoniques versusreprésentations avant-gardistes ;

* la métaphore conceptuelle de « l’avant-garde » dans l’histoire de l’art, la théorie littéraire, la poétique, la philosophie, l’esthétique, les sciences de la culture et la sociologie ;

* histoire et théorie de l’avant-garde artistique européenne du XXe siècle ;

* le phénomène de l’avant-gardisme dans différentes ères culturelles et à différentes époques ;

* les guerres et les révolutions du XXe siècle comme causes épistémologiques et sociales de l’émergence de nouveaux paradigmes dans les pratiques artistiques : éthique et esthétique ;

* les singularités de la création, de la réception et de l’interprétation des œuvres d’avant-garde ;

* la guerre comme art et l’art comme guerre : psychanalyse, art-thérapie, théories de la créativité post-traumatique et traitement artistique de la mémoire blessée ;

* les relations historiques et conceptuelles entre les avant-gardes et l’art contemporain ;

* l’art comme une lutte sans fin contre la routine et la quotidienneté : « En poésie, c’est toujours la guerre » (Ossip Mandelstam) ;

* le symbolisme de la guerre dans les œuvres de l’art : Eros et Thanatos, Ying et Yang… comme métaphores de l’acte de création artistique ;

* les comportements destructeurs-producteurs dans certaines pratiques artistiques : drogues, alcool et marginalité au service d’une expérience extatique de l’inspiration ;

* l’engagement idéologique de l’art urbain, du graff, de la performance : activisme social ou « art protestataire » ?

* les définitions du fait artistique après les mouvements d’avant-garde : quels bouleversements dans les théories de l’art ?

* les difficultés liées à l’évaluation et à l’exposition des œuvres avant-gardistes ;

* approches heuristiques et tendances révolutionnaires dans le management des institutions artistiques : musées en plein air, expositions insolites, nouveaux concepts dans les accrochages des galeries d’art ;

* une avant-garde artistique existe-t-elle aujourd’hui ?

Les propositions sont à envoyer avant le 15 février 2019 à l’adresse du comité organisateur : avantgarde2019@hotmail.com
 
LANGUES DE TRAVAIL : français et anglais ; résumé (entre 200 et 400 mots)
 
Appel à contribution et formulaire de soumission de propositions de communication
 

Appel à communications. La littérature haïtienne dans la Caraïbe : poétiques, politique, intertextualité (Paris 8)

Colloque international

La littérature haïtienne dans la Caraïbe : poétiques, politique, intertextualité

Université Paris 8 

Jeudi 28 et vendredi 29 novembre 2019

Par la richesse de sa production, la littérature haïtienne apparaît comme l’une des plus fécondes de la Caraïbe et de l’espace francophone. Si, d’une part, les auteur.e.s publient à un rythme régulier et, d’autre part, l’horizon littéraire voit émerger de nouvelles générations d’écrivain.e.s, le discours de la critique accompagne ce mouvement de manière inégale. Depuis l’ouvrage collectif Relire l’histoire littéraire et le littéraire haïtien publié en 2007 à la suite du colloque qui s’est tenu à Jacmel en 2004, rares sont les publications - mis à part des recensions d’ouvrages et des articles publiés dans les quotidiens haïtiens ou étrangers, généralement lors de la parution d’une œuvre - qui tentent d’aborder les orientations esthétiques du littéraire haïtien. Face à cette production littéraire féconde, une question s’impose : où en est la critique sur la littérature haïtienne aujourd’hui ? Est-elle toujours logée dans cet ensemble de dogmes et de « propositions totalisantes »[i](évoquées naguère par Lyonel Trouillot) auxquels elle aurait du mal à renoncer ? Quelles sont les avancées de la critique et des études littéraires durant les deux dernières décennies, pour le moins ? Est-elle sortie de ces « quelques impasses »[ii] évoquées il y a une décennie par Christiane Ndiaye ? Les récentes publications sur le littéraire[iii], qui semblent indiquer qu’un effort considérable est en train d’être accompli au sein de la critique de la littérature haïtienne, ont-elles sonné le glas des lectures réductrices, procédant par approche vérificatoire et lieux communs du type « l’œuvre X reflète parfaitement la réalité haïtienne… » ?

Ce sont ces questions que souhaite soulever, voire résoudre, ce colloque. L’enjeu théorique sera double : il s’agira, d’une part, d’analyser les dynamiques contemporaines de la critique littéraire haïtienne et, d’autre part, de comprendre comment une approche par les projets esthétiques permet de renouveler cette critique. Ce colloque se veut donc une occasion de réfléchir, à la fin des deux premières décennies de ce XXIème siècle, sur les projets esthétiques haïtiens afin de contribuer à renouveler le discours de la critique.

Ce colloque est d’abord une invitation à revisiter la production littéraire haïtienne en identifiant ses différents projets esthétiques et en en proposant des formulations théoriques. Ces projets esthétiques sont, en effet, souvent mis en œuvre dans le pli des textes littéraires sans qu’ils n’aient été clairement formulés sous forme de manifestes, d’articles ou de préfaces. Il appartient donc à la critique et aux études littéraires de théoriser les pratiques d’écriture de la littérature haïtienne et de dégager les « partis pris » esthétiques ainsi que les rapports de liens et de ruptures entre écrivain.e.s ou entre générations d’écrivain.e.s haïtien.ne.s. 

Ces projets esthétiques élaborés et mis en œuvre dans la littérature haïtienne conduisent à interroger la place occupée par cette littérature au sein de la Caraïbe. Il s’agira de poser cette question d’importance en termes de relations et d’intertextualités et de questionner les rapports qu’entretiennent ces projets esthétiques avec ceux des autres écrivain.e.s de l’espace caribéen. Cette approche comparatiste permettra de mettre à jour une possible identité littéraire transcaribéenne qui affleurerait dans ces projets communs, ou, au contraire, la singularité des projets esthétiques haïtiens par rapport au reste de l’archipel. Il s’agit donc de s’interroger sur l’interaction de la littérature haïtienne et des autres littératures caribéennes afin d’en dégager les sémiotiques partagées.

Si certain.e.s écrivain.e.s haïtien.ne.s sont très connu.e.s alors que d’autres sont méconnu.e.s voire même oublié.e.s, cela a partie liée avec la question de l’édition, de la diffusion et de la réception des œuvres littéraires. Les circuits de diffusion influencent le paysage littéraire haïtien, permettant la circulation des projets esthétiques en et hors d’Haïti, voire modifiant leur teneur selon le lectorat (national, régional, diasporique) auquel ils pourront parvenir. Ce colloque est donc aussi une invite lancée non seulement aux critiques littéraires et aux universitaires mais aussi aux écrivain.e.s, aux éditeurs et éditrices afin de débattre des difficultés de l’édition et de la circulation nationale, régionale et mondiale des œuvres littéraires haïtiennes.

Les dynamiques éditoriales sont étroitement liées aux enjeux de langue dans le cas de la littérature haïtienne. Quelle place occupe la littérature d’expression créole aujourd’hui dans les projets esthétiques haïtiens ? Peut-on formuler la problématique de la langue seulement en termes des rapports entre le français et le créole ? Quel regard doit-on porter sur les autres langues d’expression de la littérature haïtienne à savoir l’anglais et l’espagnol ? Comment ces différents choix linguistiques et projets esthétiques modifient-ils les modes d’édition, de diffusion et de réception des œuvres haïtiennes sur la scène littéraire mondiale et nationale ?

La politique contenue et transmise par les œuvres littéraires demande, enfin, à être théorisée dans ses méthodes et ses effets. Suffit-il qu’une œuvre représente ou thématise les problèmes politiques du pays pour lui accorder une valeur politique ? Que dirait-on des œuvres qui se trouvent esthétiquement (trans)formées par la manière dont le discours social les travaille de l’intérieur pour, par la suite, questionner diversement le sensible, même sans s’inscrire dans l’esthétique réaliste ? C’est à la fois ce rapport entre projets esthétiques et politique et la théorisation de ce rapport par la critique littéraire qu’il conviendra ici d’interroger.

*

Les propositions de communication pourront s’organiser autour de ces différents axes problématiques :

  • Projets poétiques et esthétiques : transmissions, transformations, ruptures
  • Sémiotiques partagées : littératures haïtienne, antillaise, caribéenne.
  • Éditions et réceptions de la littérature haïtienne
  • Littérature d’expression créole
  • Politique de la littérature haïtienne

*

Les propositions de communication qui comprendront un titre, un court argumentaire de 4000 signes maximum, une notice biobibliographique et les coordonnées de l’intéressé.e sont à envoyer au plus tard le vendredi 15 mars 2019 à l’adresse suivante : colloquelitteraturehaitienne@gmail.com

Dates importantes

21 décembre 2018 : lancement de l’appel à communications

15 mars 2019 : date limite d’envoi des propositions de communication

Avril 2019 : réponses

28 et 29 novembre 2019 : tenue du colloque

*

Publication :

Le comité scientifique retiendra, après évaluation, les communications qui feront l’objet de publication dans un numéro spécial de la revue Legs et Littérature.

*

Comité scientifique

Françoise Simasotchi-Bronès, Professeure des universités, département de littératures française et francophones, Université Paris 8.

Christiane Ndiaye, Professeure des universités département de littératures de langues française, Université de Montréal.

Yolaine Parisot, Professeure des universitésprofesseure de Littératures francophones et comparées, département de Lettres, Université Paris-Est-Créteil.

Darline Alexis, Professeure, département de Lettres Modernes, École Normale Supérieure, Université d’État d’Haïti.

Nadève Ménard, Professeure, département de Lettres Modernes, École Normale Supérieure, Université d’État d’Haïti.

Jean Waddimir Gustinvil, Professeur, département de Philosophie, École Normale Supérieure de Port-au-Prince.

*

Comité d’organisation :

Ulysse Saint-Louis MENTOR, doctorant en littérature française et francophones, Université Paris 8.

Natacha D’Orlando, doctorante en Études féminines et Littératures Générales et Comparées à l’Université Paris 8. 

Darline ALEXIS, Professeure, département de Lettres Modernes, École Normale Supérieure, Université d’État d’Haïti, coordonnatrice du pôle Haïti du colloque. 

Jean Jacques CADET, doctorant en Philosophie, Université Paris 8.

Loudmie GUÉ, docteure en philosophie.

Odonel Pierre-Louis, Professeur, département de Philosophie, École Normale Supérieure de Port-au-Prince.

Contact :

colloquelitteraturehaitienne@gmail.com

[i] Lyonel Trouillot, « La construction des dogmes. Le typique et le général », Collectif, Relire l’Histoire littéraire et le littéraire haïtiens, Port-au-Prince, Presses Nationales d’Haïti, 2007, pp. 443-460. 

[ii] Christiane Ndiaye, « Quelques impasses du discours critique littéraire du XIXème siècle », Collectif, Relire l’Histoire littéraire et le littéraire haïtiens, Port-au-Prince, Presses Nationales d’Haïti, 2007, pp. 461-475.

[iii] Yolaine Parisot, Regards littéraires haïtiens. Cristallisation de la fiction-monde, Paris, Éditions Classique Garnier, 2018. La Critique littérature, Revue Legs et Littératures, No 10, Port-au-Prince, Juillet 2017. Nadève Ménard, dir., Écrits d’Haïti. Perspectives sur la littérature haïtienne contemporaine (1986-2006), Paris, Kathala, 2011. La critique littéraire, Conjonction, La revue franco-haïtienne de l’institut français d’Haïti, No 209, Port-au-Prince, 2009.

Appel à communications, Colloque Gasp8 2019. Viande(s). Stéréotypies sémiotiques et inquiétudes culturelles

Appel à communications, Colloque Gasp8 2019
 
Viande(s)
Stéréotypies sémiotiques et inquiétudes culturelles 
 
Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis,
20-21 juin 2019
 
La viande est un formidable creuset de significations. En elle se mêlent le charnel et l’idéologique, le corporel et le spirituel, l’organique et le conceptuel, l’esthétique et le politique, le sensible et l’intelligible, le langage et le référent, la vie et la mort… Et ainsi de suite : quelle que soit la catégorie de l’univers sémantique qu’on sollicite, elle semble ouvrir un espace à la viande. Le récit contemporain en actualise avec force les modes de présence et surtout réactive les questions qu’elle suscite : enquêtes de l’association L 214, débats sur le véganisme, législation sur le bien-être animal, etc. Il est donc utile d’interroger aujourd’hui, comme un sujet brûlant, cet espace sémiotique.
A la suite du colloque sur « La parole aux animaux. Conditions d’extension de l’énonciation » (janvier 2017) dont les Actes ont été publiés sur le site Fabula (mars 2018), le Groupe d’Activités Sémiotiques de Paris 8 (Gasp8) engage une nouvelle orientation de ses travaux dans le prolongement des recherches contemporaines en zoosémiotique. Il propose donc une réflexion collective sur cet objet en crise aujourd’hui dans nos sociétés : la viande.
Quelle image de l’animalité, de l’humanité et de leurs relations réciproques l’analyse de la chair devenue viande permet-elle de former ? Cette question dont les implications disciplinaires sont multiples – anthropologiques, philosophiques, historiques, éthologiques – sera envisagée dans une perspective sémiotique. Cela signifie que cet immense domaine sera resserré sur le problème du sens filtré par les langages – verbal, visuel, gustatif, olfactif, etc. –, saisi de manière transversale dans les différents champs socio-culturels et disciplinaires où la viande et ses formes prennent place. Les orientations de cet appel à communication concernent donc les champs suivants :
 
1. Le champ philologique et sémantique
Le dictionnaire indique que le sens « vieilli » du mot « viande » est l’« aliment dont on se nourrit ». Etymologiquement, venu du bas-latin vivanda, il indique globalement « ce qui sert à la vie ». Mais il a désigné divers types d’objets : un aliment quelconque d’abord, puis restrictivement toute chair animale, se substituant à char/carn/carne que conservent toutes les autres langues romanes. Par la suite, son empan s’est encore restreint à la chair des animaux non aquatiques, et enfin aux seuls mammifères, tout en excluant – à l’exception d’emplois familiers et imagés – la chair humaine. Cette évolution fait que de nos jours, la chose (et avec elle le mot), naguère associée à la vie (de l’humain), tend de plus en plus à être associée à la mort (de l’animal). Evolution qui culmine aujourd’hui avec les polémiques sur les façons de tuer des bêtes et de manger – ou non – de la viande. 
« Prenez et mangez, ceci est mon corps » est au centre du mystère eucharistique chrétien ; or, l’expression para-synonymique, « Prenez et mangez, ceci est ma viande » paraîtrait non seulement incongrue mais scandaleuse. L’usage établit, en effet, des distinctions sémantiques rigoureuses entre « corps » et « viande », entre « corps » et « chair », entre « chair » et « viande ». Les emplois métaphoriques de viande désignant l’humain, à dominante répulsive (« amène ta viande ! », « sac à viande », « se viander », « viande froide »), ne font que confirmer les seuils sémantiques (intériorité / extériorité, non-animé / animé, culture / nature, vie / mort). Peut-on envisager une sémiotique de la viande comme s’est développée une sémiotique du corps ? Une première série de propositions de communications portera sur les questions linguistiques et plurilingues que pose le champ philologique, en y intégrant les dimensions textuelle et discursive.
 
2. Le champ anthropo-sémiotique 
Le mot « viande » semble attester la séparation entre l’humain et le non humain : il apparaît même comme un totem de cette frontière. Or, les développements récents de l’ethno- et de l’anthropo-sémiotique se fondent pour une large part sur la modulation des relations que les sociétés établissent entre ce qui relève de la culture et ce qui relève de la nature à partir des relations de continuité et de discontinuité entre l’homme et son environnement, variables selon les cultures, telles que les a dégagées, dans ses travaux désormais célèbres, Philippe Descola. Le passage de la viande comme évidence alimentaire à la viande comme problème est-il déterminé par le statut frontalier de cet objet ? La prédation et la consommation de la viande, transgressant confusément un tabou, doivent-elles être compensées par un acte de purification ? Peut-on y voir un foyer de la signification mythique ? Une deuxième série de communications interrogera, à travers les discours contemporains, cette dimension anthropo-sémiotique de la viande. 
 
3. Le champ symbolique, du religieux à l’esthétique
La fonctionnalité alimentaire, appropriation organique de l’animal mort et comestible, coexiste donc avec la sacralité et la spiritualité. Le rapport que l’homme entretient avec la nourriture animale est culturellement régi par des instructions cultuelles. La viande s’institue, bien souvent, comme instrument d’interaction avec le sacré depuis les interdits religieux (le porc ici, le chien là, la vache ailleurs) jusqu’aux techniques d’abattage et aux prescriptions diverses, entre les sacrifices et les sacralisations d’animaux. Au sein de l’univers laïc lui-même, le rapport à la nourriture carnée est soumis, quasi-rituellement, à la variation des convictions. Ainsi en est-il des tendances de notre époque : flexitarisme, végétarisme, véganisme avec les idéologies qui leur sont liées. Par ailleurs, les axiologies investies dans la viande – gustative, esthétique, etc. – déploient un champ immense de discours épidictique, entre disputes et glorifications. Une troisième série de communications interrogera, à travers les discours verbaux ou visuels, techniques, littéraires ou artistiques, passés ou contemporains, cette dimension symbolique de la viande. 
 
4. Les champs socio-sémiotique et politique
Avec ses programmes et ses sous-programmes, la syntaxe narrative de la viande – élevage ou non, prédation (domestique ou sauvage), découpage, maturation, cuisson, dégustation – présente en chacune de ses séquences des lieux problématiques. En référence au modèle des axiologies de la consommation modélisées par Jean-Marie Floch, le colloque accordera une part privilégiée à l’étude des stratégies énonciatives et à leur emploi dans un discours public multiforme. Ainsi, on pourra interroger le pôle des valeurs pratiques et l’exaltation de l’efficacité qui permet l’éloge du carnisme comme du végétalisme et suscite des controverses socio-économiques avec leurs prolongements éthiques. Ou le pôle des valeurs critiques, porteur de messages inquiets sur la diététique, matrice de conflits sur les dangers de la consommation, ou non, de viande, avec leurs prolongements politiques et juridiques (relation entre acteurs : professionnels et pouvoirs publics, groupes de pression et activistes, gestion de la prévention sanitaire). Ou encore les pôles des valeurs ludiques (hédoniste, avec ses joutes de gourmets) et utopiques – ou dystopiques (projetant par exemple la cité « idéale » d’un monde privé de toute prédation).
 
Centré sur une approche sémiotique, le colloque a donc globalement pour objectif d’étudier la manière dont le langage et les discours font corps avec la viande. Entre praxis énonciative et praxis culturelle, il s’agit d’explorer les dimensions d’un objet qui conjoint par excellence, et de manière peut-être aveuglante, l’organique, le discursif et l’idéologique. Le colloque se veut une contribution au dessillement.
 
Les propositions de communication sont à adresser, avant le 15 mars 2019, à :
 
Inga Velitchko et Rim Amira
 
 
 
Ces propositions doivent préciser le nom et le rattachement institutionnel de chaque auteur, avec le titre et le résumé de l’intervention proposée (1500 signes maximum). 
 
Comité organisateur
Le comité organisateur est constitué des membres du Gasp8, en grande majorité enseignants, chercheurs ou doctorants à l’université Paris 8 : Rim Amira, Denis Bertrand, Ludmila Boutchilina, Grégory Carteaux, Veronika Chernaia, Michel Costantini, Evelyna Deyneka, Veronica Estay Stange, Pauline Hachette, Raphaël Horrein, Françoise Ploquin, Everardo Reyes, Yanis Touazi, Inga Velitchko.
 
Gasp8
Le Groupe d’Activités Sémiotiques de Paris 8 (Gasp8), créé en 2015 à l’initiative des professeurs de sémiotique du département des littératures française et francophones, Denis Bertrand et Michel Costantini, a consacré sa recherche dans les années 2016-2018 à la problématique des conditions d’extension de l’énonciation par delà la sphère humaine et notamment à l’expression animale. Le point culminant en a été la publication des actes de la journée d’étude « La Parole aux animaux. Conditions d’extension de l’énonciation » du 27 janvier 2017 (voir Fabula : https://www.fabula.org/colloques/sommaire5363.php). Pour l’année 2018-2019, le Gasp8 s’attache à la question de l’animalité dans la langue, dans les discours verbaux et non verbaux – soit aux représentations imaginaires des animaux et de leur(s) supposée(s) nature(s) par les sociétés et les cultures, telles que les fixe et les met en question la praxis énonciative.
 
Appel à communications

08-09/02/2019. Les génocides oubliés. Colloque international

Colloque international

Les génocides oubliés

INALCO, Auditorium, 65, rue des Grands Moulins - 75013 Paris

8 - 9 février 2019

 

Les génocides oubliés. Colloque international